6.6.09

"C'est Nicolas qui vient manger"

Jeudi 4 juin 2009. Rue Camille Sauvageau. Quartier Saint-Michel. Bordeaux.
"Excusez-moi, que se passe-t-il? On tourne un film?", demande une dame à une policière posté au bout de la rue passante du quartier Saint-Michel. La dame habite le quartier alors elle a l'habitude. Il y a seulement quelques semaines se tournait encore un téléfilm pour France 2 avec Malik Zidi. Mais cette fois, il s'agit de tout autre chose. La policière, aimable, répond pour la millième fois, un léger sourire au bord des lèvres: "c'est Nicolas qui vient manger"... Bouche bée de la dame, exclamation d'un jeune homme à vélo et juron de surprise d'une autre passante seront le lot de cette policière et de sa collègue qui sont restées postées toute la journée, de 9h à 15h, à cette intersection.
Elles faisaient partie du bataillon de forces de l'ordre mobilisées pour encadrer le déplacement sous haute surveillance du chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy le grand, l'immense, son altesse sérénissime à talonnette et qui flippe sa mère de se retrouver face au peuple. 800 flics, CRS et gendarmes mobiles pour accompagner Nico au restau avec Juppé.

Un petit restau La Tupina, a donc accueilli les élites politiques. Tandis que les habitants devaient montrer patte blanche pour rentrer ou sortir de chez eux. A l'intersection de la rue de la monnaie et de la rue du Hamel, deux jeunes garçons de 18 ou 20 ans ont dû se faire escorter par un CRS pour accéder à l'appartement d'un ami chez qui ils avaient vraissemblablement rendez-vous pour réviser des partiels.
J'espère que vous travaillez tous bien dur parce que c'est vous qui payez. La note de la Tupina, et surtout les 800 flics pour protéger les fesses de votre bien-aimé président!

Note: Pendant ce temps, à la préfecture de la Gironde, j'ai attendu 4 heures pour changer l'adresse de ma carte grise...

19.2.09

Emotions sur grand écran

Amour, aventure, découverte, conte, larmes, souvenir, voyage, histoire... On trouve tout cela dans les deux fabuleux films vus dernièrement au cinéma.

Australia d'abord. Plus qu'un simple "remake" d'Out of Africa, on reconnaît dans le long métrage la patte de Baz Luhrman, jouant avec les images sublimes du continent-île. Plus proche du réalisme que dans Roméo et Juliette ou encore Moulin Rouge, il s'attaque dans ce film à l'Histoire tragique de l'Australie, celle du bombardement de Darwin par les Japonais après Pearl Harbor et celle des "générations volées", ces enfants aborigènes arrachés à leurs familles pendant des décennies. Après avoir adapté au grand écran un classique de la littérature shakespearienne et une vision ultra-romantique et totalement imaginaire de Paris, il dessine un cinéma plus proche de la réalité. Reste l'amour et les bouffées d'émotions pour fils conducteurs du travail du réalisateur. Des larmes, des rires, des sourires, les yeux grands ouverts et l'envie que ça ne s'arrête jamais malgré plus de 2h30 de bobine. Vivement le prochain Baz!

Autre bijou du 7e art: The curious case of Benjamin Button.
Tiré du récit de J. Scott Fitzgerald, écrit en 1920, l'histoire extraordinaire d'un homme né à l'âge de 90 ans et dont la vie se déroule à l'envers est une véritable réussite. Au fil des ans, le personnage central, Benjamin Button, incarné par un Brad Pitt toujours parfait, rajeunit physiquement. Bien entendu, émotionnellement, c'est l'inverse qui se produit. Il traverse donc la vie à contre-courant de ses contemporains. C'est donc l'histoire d'une vie hors du commun mais sujette à tous les événements classiques de la vie d'un homme que sont l'amour, l'amitié, le deuil, les découvertes, que le réalisateur David Fincher raconte. Une fresque sous forme de conte pour enfant dans lequel le déroulement du temps semble inéluctable même pour celui qui ne vieillit pas. La douleur du temps qui passe n'en semble d'ailleurs que plus pénible.


18.2.09

Décroissants pour la planète

Un documentaire a attiré mon attention. Celui diffusé sur France 2 par Envoyé Spécial. Intitulé: Les décroissants, moins consommer pour mieux vivre?, il présente plusieurs personnes ayant choisi de consommer moins ou différemment par choix, conviction et généralement volonté écologique. N'est-ce pas ce que les scientifiques, les écologistes, les politiques y compris, ainsi que les médias ressassent, à raison, depuis des années déjà. Ne va-t-il pas falloir consommer différemment, arrêter de gaspiller énergie et matières premières, trier, recycler et préserver? A entendre le reportage, ces comportements semblent étranges, surprenants et presque anti-société, puisque le nom même qui leur est accolé est stigmatisant. Décroissants? Ils consomment moins donc ils cessent de croître, d'avancer. Sans doute, les réalisateurs n'ont-ils pas voulu dire cela. Pourtant cette impression persiste. La croissance et l'évolution vers une autre modernité ne peut-elle pas passer par ces autres comportements moins irréflechis? Je m'interroge. Grenelle, Kyoto ... La volonté politique et sociétale est-elle vraiment là? Les écolos sont-ils l'avenir de la terre ou sont-ils encore des ovnis étranges et bizarres à nos yeux de téléspectateurs?

Moi j'ai eu envie d'être moins "croissante", si les "décroissants" étaient ceux qui faisaient des efforts pour sauver ce qu'il reste de notre planète. A bon entendeur.

Balade

Sarko se balade, à l'est à l'ouest, aux US et en Europe, toujours en jet. Sommet, rencontre, G... Sarko nous balade.
Quand la Guadeloupe bouillonne, il fait le paon à Bagdad. Quand les gens crèvent de faim en France, il sort le paquet fiscal.
Quand des millions de Français descendent dans la rue pour protester contre sa politique, il blâme la crise (oh! toi la Crise) et le manque de pédagogie de son gouvernement (On va vous expliquer que vous ne comprenez rien...).
Quand on attend de lui un changement de cap, il retire la taxe professionnelle.
Sarko nous balade, Sarko s’emballe et surtout s’en balance des pauvres Français et Français pauvres. Les smicards, les précaires, les mi-temps, les intérimaires. Les jeunes, les vieux. Les autres quoi. "La Guadeloupe est à nous, pas à eux!" crient les Guadeloupéens. "La France est à nous, pas à eux", ai-je envie de crier à mon tour. Pas à Sarko, pas aux riches, blancs ou noirs, vieux ou jeunes.

4.1.09

Louise - Michel

AVERTISSEMENT: Si vous n'avez pas vu le film, ne lisez pas ce texte!

Michel est une femme et Louise, un homme. Une histoire d'amour improbable apparaît à la toute fin de ce film surprenant. Comme Poelvorde caché sous un parapluie pour échapper aux satellites et détruisant de miniatures reproductions des twins towers; ou Michel, le pathétique tueur à gage jouant à la gueguerre et abattant par erreur une vache dans un champ.

Ce film est une farce trash et un peu grotesque, à l'humour noir et décapant bien à la française. Sur fond de justice sociale extrémiste, les personnages sont gros, moches et bêtes. Ouvriers, paysans, patrons. Tous sont bêtes et méchants. Une image réaliste de la vie vraie? Peut-être bien après tout. En tout cas, la délocalisation sauvage des machines d'une usine à l'insue des ouvriers, on a déjà vu. Les plans sociaux en masse, on a aussi vu. Et les gens désespérés faire des folies car ils n'ont plus d'issue? Aussi.
Alors, si par les temps qui courrent, quelques patrons égarés voient ce film au cinéma et qu'ils frissonnent d'effroi. Ils devraient se demander pourquoi?
Après tout, s'ils sont honnêtes, il ne peut rien leur arriver.

gueule de bois pour la paix

2008 fut rude. 2009 s'annonce encore plus pénible.
Tandis que l'économie se noie, la paix n'est plus qu'une illusion au Proche Orient. Pendant que Gaza, dirigée depuis 2006 par le Hamas, se faisait pillonner par l'armée israélienne, la communauté juive de France défilait hier dans les rues de Paris pour soutenir le droit à l'"autodéfense". La veille, des défilés de soutien aux Gazaouis avaient lieu un peu partout dans l'Hexagone, en Turquie et au Maroc, entre autres. La trève de Noël est finie.
Samedi justement, tout juste rentrée de vacances, en allant faire quelques courses pour remplir mon frigo vide, j'ai entendu une rumeur de foule qui montait de la rue Sainte-Catherine, la voie commerçante la plus longue d'Europe, disent certains. En m'approchant, j'ai distingué des drapeaux palestiniens, des pancartes qui disaient: "Israël assassin, Sarkozy complice", j'ai entendu des slogans comme: Nous sommes tous des Palestiniens".


Nous sommes des Palestiniens

Des jeunes et des vieux, des femmes et des hommes, des enfants, des Maghrébins, des Français, dont beaucoup portaient le keffieh. J'aurais volontiers suivi ce cortège pour protester contre les attaques contre les civils de Gaza, contre l'embargo, contre la misère, l'injustice et la violence imposée aux enfants de Palestine. Parce que nous sommes tous des Palestiniens.

Seulement, je ne cautionne pas les slogans qui appellent à la destruction d'Israël.
Peut-être né d'une erreur diplomatique et de la précipitation occidentale face à l'horreur de l'Holocauste, l'Etat d'Israël a aujourd'hui soixante ans. Comment imaginer la disparition de cet Etat sans engendrer une troisième guerre mondiale? Et en même temps, comment ne pas comprendre que les Palestiniens n'en peuvent plus?

Peur de la guerre

La crise économique mondiale, des tensions locales entre deux ennemis de toujours... Le scénario ne vous rappelle rien. Je me souviens de mes cours d'Histoire au lycée. Je suis née dans la paix et je veux y vivre. Comment y parvenir?

L'idéal, si les deux camps pouvaient se défaire de leurs intégristes respectifs et faire table rase de la soif de vengeance accumulée avec les morts, serait que les deux Etats cohabitent en frères. Mais l'idéal ressemble au Père Noël en ce moment. Une jolie histoire racontée aux enfants. Même si ceux de Gaza n'y croient plus depuis longtemps. J'ai peur...

Sans grand espoir, en ce début d'année nouvelle, je souhaite de tout mon coeur la paix à l'humanité.