23.5.08

ETA: 16 heures de perquisition à Bordeaux

16 heures! La troupe de journalistes français et espagnols accourue à l'annonce de la nouvelle de l'arrestation du numéro 1 de l'ETA à Bordeaux le 20 mai 2008 à 23 heures a dû attendre 16 heures que les policiers chargés de la perquisition finissent leur travail.
Un longue journée pour les photographes, caméramen et autres journalistes qui ont dû supporter un soleil de plomb une bonne partie de la journée.

Heureusement le jeu en valait la chandelle: deux fois deux secondes d'images! Celles de Javier Lopez Peña, dit "Thierry", la tête du groupe indépendantiste basque, et ses complices Ainhoa Ozaeta, Igor Suberbiola et Jon Salaberria. Une première fois lorsque les prévenus sont arrivés sur les lieux de leur arrestation, dans l'appartement du 63 cours de la Marne, dans le quartier de la Victoire de Bordeaux. Une seconde fois, à 3 heures du matin, une fois la perquisition achevée.

Les enquêteurs espagnols soupçonnent "Thierry", présumé chef de l'ETA depuis 2006, d'avoir torpillé commandité l'attentat spectaculaire de décembre 2006 à l'aéroport de Madrid, qui a fait deux morts et par lequel l'ETA avait rompu son "cessez-le-feu permanent" décrété en mars de la même année.

Dur dur d'être journaliste. Sachez chers lecteurs, vous qui pensez que la démocratie donne droit à l'information, que celle-ci ne tombe pas du ciel.

De l'électricité... en l'air

Lorsqu'on se promène dans le vieux Pamplune, on se dit que la ville est jolie. Puis soudain, on lève les yeux. Et là, c'est le drame! Des câbles électriques un peu partout accrochés sur les murs, les gouttières et les fenêtres.
La raison? Soit le maire a très mauvais goût ou alors un problème technique étrange empêche les câbles d'être enterrés? Mystère et boule de gomme.
Juste une supposition: peut-être que Pamplune rend fou. Après tout ces gens-là courrent bien après des taureaux et autres vachettes en furie dans les rues de leur ville une fois par an!
La voix de la tradition est impénétrable...

13.5.08

Cocktail d'alcool et de violence


Un petit shooter?
Pamplune, Espagne

8.5.08

Le mur… quelque soit le président

Même si partout dans le monde et en particulier en France, le mur en construction à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique déclenche la polémique, aucun des trois candidats à l'élection présidentielle américaine ne remettra jamais en cause son existence. Jose Luis Valdes Ugalde en est certain

Bientôt deux ans, en octobre, que le Congrès américain a voté en faveur de la construction du mur entre les Etats-Unis et le Mexique. Au début de l'année 2006, des millions de latinos, en majorité des Mexicains, descendaient dans la rue pour protester contre ce projet. Le 1er mai, « un jour sans Mexicains », inspiré du film de Sergio Arau de 2004, était décidé et des millions de Mexicains de part et d'autre de la frontière décidaient de boycotter les produits étasuniens pour défendre les droits des immigrés sans-papiers.
Deux ans déjà et le mur mesure 520 km de long. Manquent 580 pour atteindre les 1100 km prévus par la loi Sensenbrenner d'octobre 2006.
Pendant ce temps, la campagne électorale présidentielle bat son plein. La problématique de l'immigration est importante pour tous les candidats qui l’évoquent en bonne place sur leur site de campagne, mais le futur se construira avec le mur. De quoi sera faite la politique d'immigration et de surveillance des frontières si un démocrate gagne l'élection qui le mènera à la maison blanche?

Humaniser la politique d'immigration

Dans ses issues, John McCain parle de « sécurité à la frontière », tandis qu'Hillary Clinton et Barack Obama préfèrent « immigration » ou « réformer notre système d’immigration ». Différence de rhétorique, mais dans le fond, y a t il une véritable différence entre le dauphin de George W Bush et l’opposition démocrate ?
Hillary Clinton « croit qu’une bonne réforme doit être faite d’ingrédients essentiels que sont le durcissement des frontières et une plus grande coopération transfrontalière avec nos voisins ». Même topo côté Barack Obama. Il
« veut préserver l’intégrité de nos frontières. Il soutient l’augmentation du personnel, des infrastructures et des technologies à la frontière et dans les ports ».
Et les deux portent un message d’« humanisation de la politique d’immigration ». Une contradiction d’après Jose Luis Valdes Ugalde, directeur du centre d’études sur les relations entre les USA et le Mexique, de l’Université autonome de Mexico (UNAM),
« car le mur envoie un signal clair sur la réforme de la politique migratoire puisqu’il criminalise la migration. Alors dire à la fois qu’il faut humaniser la politique migratoire et qu’on ne touche pas au mur est une contradiction en soi ».
Pourtant c’est bien ce qui va se produire puisque « personne ne peut envisager une carrière politique aux Etats-Unis aujourd’hui, et être contre le mur », ajoute Jose Luis Valdes Ugalde,
« L’existence du mur est presque acquise pour toujours. C’est un débat qu’on ne peut inverser. Tout le monde aux USA voit le mur comme une chose positive".

Unilatéralité et conséquences

« Les migrants sont obligés de passer par des zones chaque fois plus inhospitalière comme le désert de l’Arizona par exemple, qui est à lui seul un mur naturel », explique Jose Luis Valdes Ugalde. D’où un nombre de mort de plus en plus important. La construction du mur va empirer les conditions de passage des migrants mais ne les empêchera pas de tenter leur chance. Néanmoins, ce mur a des conséquences. « Augmentation du prix du passage auprès des coyotes, passeurs, pour les Mexicains, et dans un autre domaine, des effets terribles sur l’environnement avec des conséquences par exemple sur la migration des papillons monarques », note Jose Luis Valdes Ugalde.
Le mur en construction sur la frontière américano-mexicaine est un choix unilatéral des Etats-Unis. « le mur ne s’est pas décidé avec le Mexique. Si le Mexique ne coopère pas sur ce sujet, ce sera très compliqué que le mur ait l’efficacité escomptée par les Etasuniens », soupire Jose Luis Valdes Ugalde. Pas de négociations, pas de prise en compte, les Etats-Unis de Georges W. Bush font ce que bon leur semble. Les Etats-Unis de George W Bush ? Peut-être peut-on dire les Etats-Unis tout court. Quelque soit le président.